Si nombre de nos pilotes sont des inconditionnels d’iRacing, il va sans dire que nous attendions tous de pied ferme cette édition des 24H du Mans après l’indiscutable succès des « 24H du Mans virtuelles » sur rFactor 2 la semaine précédente. Aussi, c’est peu dire que la tension fut grande lorsque sur les coups de 15H ce samedi 20 Juin seul un équipage sur les quatre prévus avait pu s’inscrire. Alors que nous voulions afficher les couleurs de notre premier sponsor, L’Agence Automobilière, les choses paraissaient bien mal engagées.

Victime de son succès, reconnaissons tout de même qu’iRacing a su se donner les moyens d’agir rapidement en relançant tout de go un nouveau départ, dès l’heure suivante, pour les recalés des premiers serveurs. Les splits s’en sont retrouvé chamboulés? Certes. Le plaisir a-t-il été moindre? En ce qui nous concerne, pas vraiment. 44 serveurs sur l’ensemble du weekend, plus de 8000 pilotes pour près de 2400 équipages. Et nous en étions…

La CYAN (Départ 16h, Split 3/10, 2ème LMP1)

ILS. L’ONT. FAIT! Après une tentative achevée prématurément l’année passée, Philippe Gaillard et Sebastien Reithmuller avaient à cœur de retenter l’aventure de boucler les 24H du Mans, à deux, au volant de leur Porsche 919 LMP1. Un défi insensé qui fait écho aux exploits qui étaient pourtant la norme voilà encore quelques décennies dans la Sarthe.

Avouons-le tout de suite, nous ne donnions pas cher de leur peau. Garder le niveau de concentration nécessaire pour frayer son chemin au milieu des catégories inférieures serait nécessairement un écueil, la fatigue grandissant. Mais nos « anciens » le savent, prudence est mère de sûreté. Ils s’élanceront ainsi à l’arrière du train de LMP1 pour mener leur course à leur rythme.

Comme souvent, leur stratégie est la bonne et en moins de 4 heures, voilà nos deux compères non loin du top 5. Il n’est pas un concurrent dans cette catégorie qui ne conclura la course sans faire d’erreur et Phiphi et Seb sauront profiter de cette situation pour définitivement s’installer sur le podium au cœur de ce qui sera certainement la plus longue nuit que nous connaîtrons sur des 24H du Mans.

Dès lors, la plus grande menace de la CYAN, outre les appels du pied insistants de Morphée, sera le retour inexorable de nos meilleurs ennemis de la V10R. Lancée dans une remontada tambour battant, la 919 #919 mettra une pression constante sur la #58 durant près des 2/3 de la course.

Mais nos vaillants pilotes sont d’un acier d’un autre âge et si une 25ème heure eu probablement été de trop, ils maintiendront in extremis un matelas de quelques dizaines de secondes face au proto noir et turquoise avec qui c’est un plaisir de partager ce podium. Messieurs, chapeau!

La ROUGE (Départ 16h, Split 3/10, 3ème GTE)

Les dernières mises à jours sur les pneumatiques ont complètement chamboulé les cartes en GTE et c’est plein d’incertitudes qu’un équipage inédit se présente sur ces 24H au volant de la 911 RSR.

Bien qu’il n’y avait « que » 10 splits sur ce départ de 16h, Gonzague Furtos, Alexandre Godefroy, Jérémy Hoppé et Romain Virlouvet se doutaient qu’atterrir en split 3, en GTE, ne serait pas une mince affaire. D’entrée, l’attitude et le rythme de la concurrence ne les dément pas. Ca roule agressif et ça roule vite. Mais la ROUGE a pour elle de boucler un tour de plus par relais que les 2/3 du peloton en ce début de course. Quelque peu rassuré, la quatuor peut désormais voir à long terme en espérant au minium un arrêt de moins que nombre de ses concurrents.

Las, durant ces heures chaudes, toutes les équipes ou presque parviennent à effectuer des doubles relais sur leurs pneumatiques. Pas la Porsche #723… Lorsque cette stratégie devient enfin viable, en début de soirée, ce sont près de deux minutes qui se sont envolées à tout jamais. La nuit va être longue…

Justement, la nuit est longue. Plus que prévue, pour certains. Mais là n’est pas le sujet… 😀 La nuit est longue, donc. Et d’incidents en déconnexions, l’équipage de la ROUGE brise le plafond de verre qui semblait se situer aux environ du top 10 sur cette course. Aux premières lueurs du jours, la RSR est solidement ancrée dans le top 5.

Après une course sans erreur majeure mais sans non plus être parfaite, un dernier rebondissement en forme d’attentat sur la Ford de la Rebirth Sim Racing par une LMP2 mécontente viendra ouvrir les portes du podium à environ sept heures de l’arrivée. Toujours décalée en stratégie, la ROUGE devra encore se méfier de certains adversaires plus rapides mais là encore, quelques dizaines de secondes suffiront pour que le quatuor de fortune sauve sa peau. Un beau split, une belle récompense.

La VERTE (Départ 16h, Split 2/10, 11ème LMP1)

Un équipage de spécialistes. Cyril et Lionel Blondiau, Sacha Fenestraz et  Sylvain Moraine ont tous participé aux brillantes campagnes de la VERTE en iELMS. La VEC est sur ses terres dans la Sarthe et le split est abordable. Ca va chauffer…

Sacha, une semaine après avoir souffert sur les « 24H du Mans virtuelles » sur rFactor2, lance la fusée VERTE en troisième position. La concurrence est finalement à la hauteur et la Porsche 919 #724 fait le yoyo au gré des ravitaillement entre la sixième et la deuxième place.

On l’a dit précédemment, frayer son chemin dans un prototype hybride au milieu de catégories moins rapides requiert une attention de tous les instants et la moindre incompréhension ou inattention de qui que ce soit peut rapidement se finir dans le rail, y compris sur les longues lignes droites du Mans. Notre quatuor en fera l’amère expérience après 4h30 de course environ, en croisant le chemin d’une LMP2 égarée. Six tours de débours. La nuit va être très, très longue.

Malgré le rythme endiablé de Sacha et l’application de ses trois co-équipiers, la VERTE ne pourra compter que sur peu d’erreurs de ses adversaires et ralliera l’arrivée au onzième rang d’un peloton de LMP1 qui n’aura vu que quatre abandons.

La ORANGE (Départ 15h, Split 4/28, 11ème LMP2)

Encore une loufoquerie… 😀 Equipage inédit pour une voiture que l’on n’avait plus vu depuis longtemps sous les couleurs du VEC-Simracing. Kevin Guilleux, Frédéric Lux, Nicolas Sampedro Lerida et Michael Thomas se sont fait un kif au volant de la HPD ARX-01c.

Retour sur terre brutal avant même le début du warm-up puisque le bug des serveurs ne permettra qu’à Kevin et ses 4k d’iR tout frais d’inscrire la voiture. Ses équipiers présentant un niveau théorique plus modeste, la course n’en sera, disons, que plus intéressante…

Une belle qualif’ place la ORANGE dans le premier tiers du peloton et elle pointe en deuxième position peu avant la tombée de la nuit. Après que tout le monde ait pris ses marques sans encombre majeure, le proto d’une autre époque se maintient non loin du top 5 au petit matin. C’est alors qu’un fait de course déterminant scellera le destin de la LMP2. Un retour en piste un peu cavalier entraînera un contact avec un autre concurrent, synonyme d’immobilisation au stand pendant un peu plus d’un tour.

La Honda reprend la piste sans soucis visible mais au bout d’une heure et alors qu’il reste un quart de la distance à parcourir, le moteur lâche. Les mécanos du VEC-Simracing n’ont rien à envier aux plus grandes écuries de l’endurance et la ORANGE se lance dans un baroud d’honneur après une demi-heure d’arrêt. Onzième place sous le damier.

Rendez-vous sur le toboggan des Ardennes

Quatre voitures au départ, quatre voitures à l’arrivée. Même si les fortunes furent diverses, voilà bien longtemps que cela ne nous était pas arrivé. Place maintenant à la plus terrible des épreuves pour ceux qui tiennent à leur licence A, voire B. Les 24H de Spa verront peut-être enfin une édition raisonnable en terme de respect des limites de piste avec l’introduction des drive-through… Verdict au soir du 12 Juillet.

A.G