« The Green Hell ». L’enfer des chiffres: 25,947km, 14 secteurs, 170 virages, 24H de course au milieu de 55 concurrents répartis en quatre catégories. Mais le paradis des sensations, indescriptibles, le « Nürvana » en somme.

Il faut une bonne dose de foi pour se lancer à l’assaut de ce monument. Seuls, le talent et la préparation ne suffisent pas pour en venir à bout. Mais le Nürburgring a ses adeptes et comme chaque année, ils sont nombreux à avoir répondu à l’appel sur iRacing. 4666 pilotes (hommage à Flavien F.), au sein de 1322 équipes, réparties dans un total de 26 splits. Plus du double de l’an passé! Dans cette foule de fidèles, on retrouvait deux équipages VEC-Simracing, la MAGENTA et la ROUGE, pour un total de huit pilotes.

La MAGENTA (Split 10, Vainqueurs)

Entame prudente

C’est la rédemption pour la MAGENTA après un début d’année calamiteux sur le front des special events. L’équipage monté un peu au dernier moment s’articulait autour d’Aymeric Blomme et Sylvain Moraine qui ont déjà cumulé de nombreux kilomètres cette saison en Nürburgring Endurance Series. Jérémy Hoppé et Michael Thomas sont venu leur prêter main forte pour ce challenge au volant de la BMW Z4.

Dans ce split où trois des quatre catégories étaient représentées, le choix sera fait de partir en queue de peloton des GT3. Plus qu’ailleurs, l’endurance n’est pas un vain mot ici… Vingtième au départ, Jérémy conclue le premier relais à la dixième position, certains concurrent écourtant leur stint d’une boucle. Tour après tour, la MAGENTA gagne position après position. Elle s’installe ainsi sur le podium en moins de quatre heures et n’en descendra plus jusqu’au terme des ces 24H.

Les deux équipages de tête et notamment les leaders semblaient cependant hors d’atteinte. Mais le diable est dans les détails et la moindre erreur se paye souvent cher sur la Nordschleife. Ainsi, peut avant 2h du matin, la nouvelle tombe: le deuxième est au box. Puis, au petit matin, alors qu’ils continuaient d’imprimer un rythme élevé, les leaders goûtent au rail de sécurité une fois de trop et doivent également s’imposer un passage prolongé au stand. Il est environ 6h30, la voie royale s’étale devant les roues de la MAGENTA.

Fin stressante

Mais l’heure n’est pas encore à l’euphorie. Finis les doubles relais, pour maintenir tant que faire se peut les pilotes en forme après une nuit éprouvante. Le trafic est toujours présent et tout peut arriver sur le gros tiers de course restant.

Et il s’en faudra d’ailleurs de bien peu pour que le sol ne s’ouvre sous les pieds du quatuor, jusque là parfait. En effet, à moins de 5 heures du terme de l’épreuve, une GT4 en perdition a bien failli être le fossoyeur des espoirs de la MAGENTA. Dans le redoutable secteur de Brünnchen, malgré toute l’attention d’Aymeric Blomme, debout sur les freins, le contact ne pourra être évité.

Fort heureusement, les dégâts sont superficiels et si l’on avait été dans le monde réel, nul doute que la bonne vieille Z4 serait repartie des stands enturbannée des traditionnels rouleaux de « tape ». 1min30 pour rafistoler le tout et la marche en avant peut reprendre. Avec des températures de piste allant s’accroissant, la course se termine sur un rythme de sénateur et c’est Michael Thomas qui franchi victorieusement la ligne avec près de deux minutes d’avance sur la Morpheus by Awsome Motorsport Group et 4min30 sur la baseline Racing Team.

Cris de joie et applaudissements. Bravo messieurs!!

La ROUGE (Split 13, DNF)

Au moment des inscriptions, la ROUGE présente un bilan diamétralement opposé à celui de la voiture sœur. C’est alors le seul équipage VEC-Simracing à avoir vu le damier sur chaque « Road Warrior » depuis le début de l’année et l’édition précédente des 24H du Nürburgring lui avait permis de toucher le Graal du bout des doigts avec une troisième place finale dans un split full GT3.

Et c’est à nouveau dans un plateau mono classe que se sont alignés cette année Alexandre Godefroy et Frédéric Lux , rejoints pour l’occasion par les historiques de la CYAN, Philippe Gaillard et Sebastien Reithmuller. Hormis pour Philippe, les deux premières manches des Nürburgring Endurance Series ont été douloureuses pour ses camarades. Cependant, le travail de Sebastien sur le setup de la Z4 permet une certaine confiance à l’entame des 24H.

Avec 53 concurrents de la même catégorie, faire une qualif’ s’avérait nécessaire pour tenter de s’extraire de la masse. Las, un deuxième tour avorté et c’est du 35ème rang que s’élance Alex. Il apparaît vite clair que certains équipages ont confié la qualification à des pilotes plus rapides que ceux qui prennent le départ et la situation se tend quelque peu dans les premiers tours. Les différents bouchons finissent tout de même par sauter et le premier relais se conclue avec un gain de 24 places.

Fred devra faire face à deux reprises au manque de discernement de pilotes qui traverseront sciemment la piste après avoir perdu le contrôle de leur véhicule, entraînant un certain recul au classement. Après un temps d’adaptation, Philippe repositionnera la BMW aux portes du top 15 avant de céder le volant à Sebastien Reithmuller. Et c’est malheureusement dans son deuxième tours que le ciel s’abattra sur la tête des pilotes de la ROUGE. Un « bris de suspension »(volant déconnecté) dans la rapide portion de Fuchsröhre et le véhicule s’encastre dans le rail.

L’avant est le talon d’Achille de la petite bombe allemande mais le moteur semble dans un premier temps avoir tenu le coup. Mais après un tour de circuit sur la dépanneuse et neuf minutes de réparations, les mécaniciens renvoient la GT3 en piste avec la direction voilée et de nombreux chevaux en moins. Dangereuse et affaiblie, la Z4 est reconduite au paddock après un tour du GP. La ROUGE boit le calice jusqu’à la lie: premier abandon de l’année en Road Warrior.

Rendez-vous au Mans

Le Nürburgring reste un théâtre à part. C’est définitivement le gros morceau de l’année. Place maintenant à la grand’ messe. La maison. Le Mans. Rendez-vous le 20 Juin, pour le troisième double tour d’horloge de l’année sur iRacing.

A.G