Cette édition 2020 des 12H de Sebring disputées sur iRacing restera à n’en pas douter dans les mémoires. A plus d’un titre. Annulations IRL en pagaille, New Tire Model v7 déployé sur les GTE et GT3, nouveau record d’affluence et course support le dimanche. Tout était réuni pour une édition historique.

Tout d’abord, comment ne pas l’évoquer, la situation sanitaire mondiale. Epreuves annulées ou reportées à cause du COVID-19 et voilà que le monde virtuel est la seule alternative pour participer ou assister à quelque compétition que ce soit. Avec son habitude de placer ses « specials events » au plus proche des courses réelles dans le calendrier, on peut considérer qu’iRacing était cette année l’unique théâtre des 12H de Sebring suite au report de l’épreuve IRL à une date ultérieure.

Nouveautés et nouveau record

Voilà des mois que la communauté iRacing attendait le déploiement de la dernière version du New Tire Model sur les voitures les plus populaires, à savoir les GTE et GT3. Avec l’arrivée du cycle jour/nuit c’était même, à en croire les forums, une des dernières revendications qui maintenaient certains pilotes loin de ces événements majeurs. Chacun se fera son opinion sur la qualité de cette dernière itération mais l’attraction de la nouveauté a marché à plein.

En effet, c’est un nouveau record d’affluence qui a été battu samedi après-midi. Si, sur l’ensemble du week-end, Sebring égale le nombre record de 31 splits atteint par Daytona voilà deux mois, avec 27 serveurs ouverts à 13h GMT les 12 Heures placent la barre un cran au-dessus de leur grande sœur floridienne. Du jamais vu…

Neufs pilotes répartis au sein de trois équipages ont ainsi pris part à cette édition historique pour le compte du VEC-Simracing. Les plus volontaires se sont même alignés sur les 90 minutes de Sebring, course « support » unique siglée IMSA qui venait conclure un week-end qui s’apparentait ainsi à un vrai rendez-vous de sport auto. Une nouveauté que l’on aimerait revoir à l’avenir, elle aussi couronnée de succès avec plus de 900 pilotes au départ des 21 splits.

La VERT (Split 6 – GT3 – 7ème)

Auréolée de son titre de vice-champion d’iELMS, la famille Blondiau s’est une nouvelle fois associée à Romain Virlouvet sur la Mercedes AMG GT3 après une première expérience concluante sur les 12H de Bathurst.

Cyril s’est ainsi élancé parmi les derniers concurrents d’un split qui était le dernier à accueillir les trois catégories admissibles en IMSA. Ces 12H s’annonçaient donc délicates en terme de trafic, notamment avec la présence des pilotes de DP les moins aguerris. C’est d’ailleurs l’un de ceux-ci qui sur une tentative hasardeuse de 3-wide enverra la Mercedes aux stand pour plus de 2 minutes après moins d’1h30 de course. Un tour de perdu d’entrée de jeu mais l’essentiel était que la voiture roulait toujours.

Suffisant pour permettre au trio franco-belge de s’appuyer sur un rythme régulier et ainsi remonter tranquillement au classement. Profitant des abandons çà et là de ses concurrents et passant entre les gouttes d’un trafic lui procurant encore de belles frayeurs, la VERT verra la situation se décanter dans le dernier tiers de la course. En effet, à ce moment les températures de piste qui avaient atteint des valeurs supérieurs à 40°C sont rapidement redescendues. Particulièrement sensibles à ces variations, les pilotes des GT3 auront sans doute éprouvé plus de difficultés que ceux des GTE à s’adapter à leurs nouvelles montes.

Se sortant mieux que les autres de ces situations périlleuses, nos camarades ont ainsi pu remonter au septième rang final malgré une déconnexion dans les dernières heures. Un petite victoire dans un split où le rythme affiché par le top 5 était clairement supérieur.

La MAGENTA (Split 7 – GTE – DNF)

Le point positif? Plus l’année avance et plus la MAGENTA va loin dans la course. Mais c’est malheureusement sur un troisième abandon en autant de « special events » que s’achève cette épreuve pour Sebastien Godaert et Sylvain Moraine, accompagnés pour l’occasion par Michael Thomas. Dommage, puisque après un début de course prudent de la 911 RSR aux environs de la vingtième place, l’économie allait rapidement faire ses preuves pour placer l’équipage dans le top 10. Dès lors et au gré des ravitaillements, l’espoir de se rapprocher des cinq premiers était parfaitement fondé.

Las, la principale difficulté de ses 12H de Sebring allait se mettre en travers de cette progression. En effet, après des années de pilotage des GTE sur la version 6 du Tire Model, il risquait de s’avérer difficile de gommer certaines habitudes. Ainsi, peut avant la marque des 4h de course, Thomas se fera piéger par ses pneus froids quelques virages après avoir quitté les stands. En perdition, un concurrent ne pourra éviter le contact, envoyant la Porsche au garage pour près d’un demi-heure. Rideau.

La ROUGE (Split 15 – GTE – 5ème)

En manque de pilotes sur cette manche et sans son « ingénieur en chef » (alias Gonzague Furtos), la ROUGE est allé débaucher l’expert ès MOTEC de la CYAN. Alexandre Godefroy et Frederic Lux pouvaient ainsi bénéficier des connaissances de Sebastien Reithmuller pour vivre en douceur la découverte de ce nouveau Tire Model.

Qualifiée au cœur du peloton des GTE, la Ferrari 488 allait franchir avec succès l’écueil du premier virage redouté de tous. C’était crier victoire un peu vite puisque une GTE probablement étourdie allait oublier l’utilité de la pédale de frein quelques virages plus loin. Étonnamment solide, la belle italienne pourra néanmoins rejoindre la piste sans dégât majeur mais derrière une bonne partie du peloton des GT3. Un bon départ donc…

Malgré cette entame chaotique et un questionnement perpétuel sur la stratégie à adopter en matière de pneumatiques, la ROUGE remontera rapidement au niveau qui était le sien sur la grille. Mieux encore, au tiers de la course c’était déjà le top 10 qui se profilait. Mais à cet instant une nouvelle épreuve s’abattit sur le trio bigarré. Suite à un soucis de volant, Alex devra en effet rentrer aux stands en catastrophe, écopant par la même occasion d’une pénalité d’une minute. Fred sautera heureusement dans le baquet pour palier à ce soucis technique mais le temps perdu l’est à jamais.

Dans un peloton constitué de nombreuses GT3 en difficultés avec l’appréhension des nouvelles gommes, une des principales missions de la fin de course sera d’éviter les pilotes en perdition. Notamment dans les tous derniers relais, de nuit, où Seb verra à de nombreuses reprises sa vie défiler devant ses yeux. Mais d’autres ont certainement eu moins de chances.

En effet, alors qu’aux 2/3 de l’épreuve il semblait difficile d’envisager mieux qu’un top 10, la situation s’est rapidement décantée dans les dernières heures et la ROUGE accroche ainsi son meilleur résultat sur ce triptyque de début de saison en matière de Road Warrior. Aux mains d’Alexandre Godefroy et de Frédéric Lux, c’est de plus le seul équipage VEC à avoir vu à trois reprises le drapeau à damier depuis Janvier. Statistique valable également pour Romain Virlouvet, présent sur la ROUGE puis sur la VERT.

Un week-end conclu en beauté

Après les ascenseurs émotionnels propres à toute course d’endurance il était possible de se détendre tout en restant dans le cadre des 12H de Sebring puisqu’une course inédite de 90 minutes était organisée dimanche en fin d’après-midi. Sous l’égide de l’IMSA, le Michelin Pilot Challenge est un championnat qui, IRL, a habituellement lieu en préambule de son grand frère, le Weather Tech Sportcar Championship.

Cinq de nos pilotes ont ainsi voulu ajouter une petite cerise sur ce gâteau floridien. Aymeric Blomme, Alexandre Godefroy et Sylvain Moraine sont restés fidèles à l’Audi RS3 en catégorie TCR alors que les deux Sebastien, Guyonnet et Reithmuller se sont essayés à la nouvelle Porsche Cayman en GT4. Il est indéniable que l’entraînement manquait quelque peu chez certains de nos camarades mais on peu en dire tout autant d’une partie des 900 pilotes présents sur cet événement au vu de certaines actions. Le ressenti général reste malgré tout que ce format de course avec la cohabitation de deux types de voitures aux performances relativement proches était une vraie source de plaisir.

Du côté des TCR, Aymeric réalise la meilleure performance en montant sur la deuxième marche du podium dans le split 3 (sur 21)  après avoir mené une bonne partie de la course. Dans le même split, Sylvain a eu moins de succès. Abandon au troisième tour, week-end pourri… Alex se retrouvait lui dans le split suivant et grâce à une course très appliquée, il profitera des nombreux accrochages et sorties de pistes pour décrocher un deuxième top 5 en moins de 24h.

Ils sont donc deux à avoir été suffisamment téméraires pour se lancer sur la petite dernière. Ensemble dans le split 9, les deux Seb ont vécu à peu près la même course. Probablement victimes d’un train arrière pouvant se montrer capricieux dans certaines situations et d’un trafic pas toujours évident, ils sont malgré tout allés jusqu’au bout. Quinzième place pour Monsieur Reithmuller qui termine tout de même dans le tour du leader et 21ème position pour Monsieur Guyonnet qui n’est lui qu’à un tour.

Nos guerriers de la route vont maintenant s’accorder une petite trêve avant la prochaine échéance, les 24H du Nurburgring, fin Avril. VLN et championnats privés auront d’ici là repris leurs droits sur iRacing. Peu de chance que nous puissions en dire autant des compétitions réelles cependant. Profitons donc de ce qui pourrait bien être un âge d’or pour le simracing.

A.G