Les 12 Heures de Bathurst figurent sans conteste parmi les épreuves les plus difficiles, aussi bien dans le monde réel que dans le virtuel. Pour preuves, les multiples forfaits suite à des crashs spectaculaires en essais de pilotes pourtant expérimentés ou encore les tristes résultats des splits les plus élevés sur la course de Samedi après-midi qui ont vu leurs plateaux décimés. Dans un cas comme dans l’autre, le principal facteur est sans doute l’exigence d’un tracé sur lequel la moindre erreur de pilotage est presque à coup sûr synonyme de fin de course. Ajoutez à cela un départ dans la pénombre du petit matin, les rares opportunités de dépassement et un delta de température de piste avoisinant les 30° avec des pointes à 50°C et vous obtenez un cocktail diabolique.

Seul le Nurburgring peut probablement rivaliser avec Mount Panorama sur iRacing en terme de difficulté et plus qu’ailleurs, sur ces épreuves, atteindre l’arrivée sans pépin est un petit exploit qui nécessite évidemment de la maîtrise et certainement un peu de chance aussi. Malgré cela, l’engouement enregistré pour les 24 Heures de Daytona ne s’est guère essoufflé lors de ces 12 Heures de Bathurst avec un total de 28 splits sur le week-end contre 31 trois semaines plus tôt. 1198 équipages étaient ainsi présents au départ de samedi après-midi, 1420 en tout et 3395 pilotes auront pris le volant. Impressionnant, une fois de plus.

De notre côté, quatre GT3 étaient engagées avec treize pilotes inscrits. Si chacune de nos voitures a rencontré son lot de mésaventures, deux d’entre elle sont malgré tout parvenues à aller au bout de cette édition, les deux autres subissant la dure loi de la Montagne.

La Magenta (split 5 – DNF)

Les courses se suivent et se ressemblent hélas en ce début d’année pour l’équipage emmené par Sylvain Moraine et Sebastien Godaert. Après avoir jeté l’éponge au bout de 2h30 sans même prendre le volant durant les 24H de Daytona, les deux acolytes ont vu cette fois leur course prendre fin après tout juste trois heures, chacun ayant pu tout de même monter dans le baquet. En effet, leur Ferrari 488 GT3 fera une embardée fatale au niveau de « Skyline » peu après la moitié du troisième relais. L’endroit fait partie des points chauds du circuit et avait piégé nombre de pilotes durant l’événement « IRL » une semaine plus tôt.

Le début de course s’était pourtant avéré prudent avec un départ bons derniers depuis les stands après une qualif en milieu de peloton qui pouvait laisser craindre d’être impliqué dans d’éventuels incidents. Au main de Sylvain, la GT3 au cheval cabré s’avère économe (34 tours sur un plein) et c’est le début d’une lente mais sûre remontée au classement jusqu’aux environs de la trentième position. Las, on l’a vu, le panorama n’est ici pas fait pour être admiré et la plus petite imprécision peut se payer cash. C’est donc un passage un peu cavalier sur le vibreur du point culminant qui précipitera aux abîmes les espoirs de la Magenta qui avait pris le parti de relever ce défi en duo.

La Cyan (split 7 – DNF)

Prévus sur la Jaune, Aymeric Blomme, Jérémy Hoppé et Sebastien Reithmuller engagent finalement leur BMW Z4 GT3 sous pavillon Cyan. Qualifié aux 2/3 du peloton, Jérémy prend lui aussi la décision de s’élancer après la meute. Dans ce split les premiers tours se sont finalement avérés très propres mais prudence est mère de sûreté paraît-il… Et là encore la tactique s’avère bien pensée puisqu’en l’espace de quelques boucles le top 30 se profile à la régulière avec une incursion dans le top 20 au jeu des ravitaillements.

Malheureusement, force est de constater que certains n’avaient pas inscrit la sécurité à leur plan de course et un pilote impatient du groupe de tête jugera opportun de faire du pare-chocs contre pare-chocs dans la descente après moins de deux heures de course. L’inévitable se produisit, précipitant Jérémy dans le mur et dans les profondeurs du classement après un arrêt forcé de quatre tours. Rythme en berne et visibilité amoindrie par un capot réparé à la va-vite, Sebastien et Jérémy décideront néanmoins de prolonger l’aventure. Les concurrents tombent les uns après les autres et la Cyan remonte petit à petit mais après sept heures de course une légère erreur de pilotage dans la montée entraînant un nouvel arrêt achèvera la volonté de ses pilotes.

La Rouge (split 7 – 25ème)

Bien qu’ayant survécu au départ de l’an dernier dans des condition nocturnes plus délicates encore que cette année, Gonzague choisira également de prendre ses distances avec le peloton après avoir réalisé le 24ème chrono. Dans le même split que la Cyan, la surprise est de taille en constatant que le début de course n’est marqué d’aucun incident majeur. Malgré tout, sans jouer l’économie mais sans efforts outranciers non plus, la Rouge grappille rapidement position après position et le premier relais s’achève à la 30ème place. On notera qu’en plus de nerfs d’aciers, il faut également une bonne dose de chance pour survivre à Bathurst. En effet, par deux fois lors ce premier relais les netcodes auront joué en notre faveur alors que des concurrents perdaient le contrôle de leur véhicule quelques mètres devant Gonzague…

Face à des adversaires globalement plus rapides mais sujets à plus d’erreurs, la BMW Z4 GT3 continue son ascension aux mains de Stéphan Modde, Frédéric Lux puis Alexandre Godefroy et le quatrième relais s’achève aux portes du top 20. Mais là encore, c’est une infime erreur de pilotage dans la montée qui imposera un repos forcé de sept tours, quelques minutes avant la mi-course. Au moment où les températures crèvent le plafond, des choix tactiques s’imposent pour permettre à chacun de s’exprimer dans les meilleurs conditions. Cependant, le retard accumulé ne permet plus d’espérer grand chose au niveau du classement et un dernier accroc minime avec le mur, dans la descente cette fois, viendra confirmer ce constat. Amer, car d’un côté quinze minutes aux stands sur douze heures ne permettent pas d’envisager un résultat satisfaisant, de l’autre, les rares erreurs commises furent suffisamment légères pour permettre de rallier l’arrivée.

La Vert (split 7 – 10ème)

Qualifié 11ème, l’équipage VERT sera le seul à s’élancer depuis la grille, la lourde tâche revenant à notre rapide benjamin, Cyril Blondiau. Dans le même split que ses congénères germaniques, l’AMG GT3 profitera donc d’un départ relativement serein pour bien lancer sa course à l’avant du peloton. Avec son père Lionel, la famille Blondiau était cette fois associée à Romain Virlouvet dont les apparitions en endurance sont toujours remarquables et Florent Modolo qui retrouvait la voie des circuits après quelques mois d’éloignement. Quel challenge! Prudence pour tout le monde, performance pour certains, un juste équilibre dans lequel chacun remplira sa mission, ce qui permettra au quatuor de constamment naviguer aux environs du top 10, s’immisçant même momentanément dans le top 3 grâce à une consommation maîtrisée.

Le rythme imposé à l’avant de la course étant de toute façon intenable il faudra donc compter sur les erreurs probables des autres et rester à l’écart de tout soucis pour espérer mieux. Mission globalement accomplie et seule une légère rencontre avec le béton viendra temporairement entraver la Mercedes pour 75 secondes. Frustrant pour l’orgueil du pilote, évidemment, mais sans impact notable sur le bon déroulé de la course qui se conclura au niveau où elle fut entamée. Dixième à quelques secondes de l’HEXA Racing Team White et deuxième équipage francophone donc, dans un split qui en comportait une dizaine. La stat’ qui démontre la valeur de ce résultat est un classement global au 130ème rang sur 1360 GT3 engagées ce week-end. Le temps de piste, plus qu’ailleurs, reste sans conteste un objectif payant à Bathurst.

Le marathon continue

C’est désormais une habitude, le début d’année est particulièrement chargé en terme d’événements spéciaux. Si la plupart feront l’impasse sur le Daytona 500, c’est donc à Sebring, mi-mars, que le triptyque du premier trimestre s’achèvera pour les Road Warriors. Après deux épreuves qui ont chacune vu un taux de 50% d’abandons dans nos rangs, l’ambition sera certainement d’amener plus de voitures à l’arrivée. A ce petit jeu la ROUGE mène au score en étant la seule à avoir vu par deux fois le drapeau à damier. Rendez-vous donc, une nouvelle fois, en Floride.

A.G