Sur iRacing comme dans la réalité, le petit monde de l’endurance a pour habitude de frémir à cette époque de l’année qui annonce le début de la saison internationale d’endurance. Se tenant les 25 et 26 Janvier prochain en Floride, les 24 heures de Daytona avaient donc lieu le week-end précédant pour nous autres, pilotes virtuels.
Cependant, bien plus qu’un frémissement, c’est une véritable secousse qui a traversé les serveurs d’iRacing avec l’ouverture de pas moins de 26 splits pour pouvoir accueillir les quelques 1420 équipages présents Samedi à 14h. Du jamais vu!

Au milieu de cette horde on retrouvait quatre véhicules arborant les nouveaux skins du VEC-Simracing créés par Sim Race Design. Trois GTE, pour un total de treize pilotes engagés et un Daytona Prototype, au mains de quatre valeureux guerriers. Des guerriers, c’est bel et bien ce qu’il aura fallu être pour voir le bout de ces 24 Heures de Daytona 2020. En effet, de déconnexions en accrochages, en passant par quelque panne de réveil, chacune de nos voitures aura rencontré de plus ou moins sérieux soucis, conduisant malheureusement aux abandons prématurés de deux d’entre elles.

La Magenta (split 13 – GTE – DNF)

La fameuse 911 RSR est le « bébé » de Sylvain Moraine. Les heures passées depuis des mois (des années) à mettre au point sa belle font de lui le pilote le plus aguerri au sein de la VEC pour maîtriser cette voiture qui offre certes des sensations sonores incomparables mais reste délicate dans son maniement. Ainsi, les séances de practice durant la semaine précédant la course n’auront pas toujours été évidentes. Parmi Cyril et Lionel Blondiau, Sebastien Godaert et Michael Thomas, certains se sont même probablement posé la question du choix de la monture jusqu’au dernier moment. Mais tels des guerriers ils se sont présentés au départ, prêts à affronter la bête en plus du trafic et du monument des 24 heures en lui-même.

Bien parti depuis le huitième rang dans le premier split sans DP, l’équipage Magenta pointera même en deuxième position au jeu des ravitaillements avant de goûter au béton californien après que la Porsche se soit vue déstabilisée sur un passage au bus stop en fin de deuxième relais. Onze minutes d’arrêt avant de pouvoir reprendre la piste et de constater le déficit de V-max, handicap majeur sur les parties empruntées au tri-ovale. Moins de 2h30 après le départ la décision est prise de ne pas s’imposer le calvaire de poursuivre la course dans ces conditions et la 911 emprunte définitivement la voie en direction du paddock. Un crève-cœur qui permettra néanmoins à certains de se téléporter au Mans et de défendre avec brio la première place en LMP1 de la VEC-SIMRACING – VERT en iELMS. Un mal pour un bien?

La Cyan (split 5 – DP – DNF)

Guerriers parmi les guerriers, Chris Dubreucq, Philippe Gaillard, Kevin Guilleux et Sebastien Reithmuller se sont lancé le défi un peu fou de boucler cette édition au volant de la redoutable Corvette C7 DP.  Réputée pour être un engin difficile à apprivoiser en raison d’une puissance assistée par une aéro qui n’en a que le nom, redoutée pour être souvent aux mains de pilotes peu conscients de leur inaptitude, la mission s’avérait donc de taille, d’autant que pour certains, c’était une découverte…

Si quelques incidents ont bien ralenti leur progression, ce sont finalement de récurrents problèmes de connexion qui auront eu droit de la vaillance de cet équipage. C’est en effet sur une déco dès l’entame de l’épreuve que l’aventure a débuté pour eux. Reléguée à un tour d’entrée de jeu, la Cyan s’imposait donc une épreuve supplémentaire. Relevant malgré tout le défi, nos quatre pilotes auront chacun eu l’occasion de prendre le volant et c’est sur une ultime déconnexion au beau milieu de la nuit que l’éponge sera malgré tout jetée avec déjà 14 tours de débours à ce moment. La naissance dans la douleur d’un nouvel équipage « proto » au sein de la VEC?

La Rouge (split 12 – GTE – 6ème)

Après une édition 2019 mitigée au volant d’une 911 RSR amochée, Gonzague Furtos, Alexandre Godefroy, Frédéric Lux et Stéphan Modde ont opté cette année pour la Ferrari 488. En s’élançant 9ème d’un peloton de dix-huit GTE, la mission principale de la Rouge était de survivre à l’approche des pilotes « proto » les moins aguerris de l’ensemble de l’épreuve. Prudence et vigilance furent donc les maîtres mots. Ainsi, bien que quelques situations cocasses au contact de ceux que tous redoutent aient inévitablement émaillées la course, on notera qu’aucun incident avec d’autres catégories ne sera venu entraver la bonne marche de la belle italienne. A ce titre, le seul choc subi en 24 heures aura été prodigué par une GTE impatiente entraînant seulement 30 secondes d' »optional repairs » qui auront malgré tout provoqué une certaine baisse de la performance pour quelques heures.

Ainsi, bien que la 488 ne permis pas d’afficher le rythme espéré après les séances d’entrainement, c’est grâce à une propreté globale de pilotage n’excluant pas quelques séances de jardinage que l’équipage de la Rouge accroche une très honorable sixième place dans sa catégorie et la quatorzième position au général. Quid de l’esprit guerrier chez la Rouge? Et bien disons qu’au petit matin, au moment de prendre son relais, un de ses pilotes gambadait encore au pays des licornes, offrant alors la possibilité à Alexandre Godefroy d’expérimenter son tout premier quadruple relais, entre 4h et 8h du matin. Après s’être lui-même montré coupable d’une panne d’oreiller lors des dernières 24h de Spa, juste retour de karma?

La Jaune (split 12 – GTE – 5ème)

Les mathématiciens les plus talentueux ayant fait leur oeuvre, la Jaune côtoyait la Rouge pour cette édition. Les embûches potentielles étaient donc les mêmes pour Aymeric Blomme, Grégory Faure, Jérémy Hoppé et Romain Virlouvet mais, dès les qualifications et surtout après l’entame de course, les objectifs s’avéraient tout autres. En effet, en un temps record pour une telle épreuve, les écarts se sont creusés et profitant de s’élancer du troisième rang, la Ferrari 488 Jaune accrochait le bon wagon. Rapides, réguliers et économes, ses pilotes pouvaient légitimement viser un podium de catégorie.

Las, à quelques heures du levé du jour, une GT3 en perdition se mettra en travers du chemin d’Aymeric Blomme qui fera tout pour éviter l’écueil mais le contact, bien que visiblement infime, entraînera tout de même un arrêt forcé de quatre tours. Ce dernier devra en prime assurer lui aussi un relais de plus de 3h30 aux heures qui font mal… Les espoirs de podium envolés, il faudra lutter pour retrouver du cœur à l’ouvrage. Mais l’endurance restant l’endurance, la perspective de retournements de situations reste une probabilité, surtout dans ces splits où des choses mystérieuses peuvent se produire à chaque virage. Ainsi, en repartant au charbon avec un volant ne pointant plus tout à fait dans la bonne direction, la Jaune profitera comme la Rouge des mésaventures de certains pour réintégrer le top 5 dans les dernières heures. Rendez-vous à Bathurst?

Relativiser, continuer d’avancer

Abandons, frustration, désillusions, le bilan sportif est donc globalement peu réjouissant, admettons-le. Il faut tout de même relativiser pour nos deux équipages qui ont été accueillis par le damier. En effet, rappelons que cette édition des 24H de Daytona est tout simplement à ce jour l’événement qui a attiré le plus de pilotes et d’équipes depuis la création d’iRacing. Ainsi, en sortant vivantes d’un des splits au plus fort potentiel accidentogène, nos deux Ferrari 488 se placent respectivement 133ème et 165ème sur un total de mille GTE enagées sur le week-end. Solide performance malgré tout.

Prochaine bataille pour nos guerriers, le 8 Février prochain sur le terrible Mount Panorama en Australie pour les 12H de Bathurst.

A.G