Complot équin contre la VEC

La VEC-Simracing engageait trois voitures dans ce qui est présenté depuis quelques années comme la plus grande course de GT3 au monde, les 24h de Spa. Inscrites dans le même split (4/13), deux BMW Z4 GT3 et une Ferrari 488 GT3 s’alignaient au départ de ce quatrième et dernier double tour d’horloge de l’année sur iRacing. Au moment où la torpeur estivale nous envahie, près de 700 équipages ont tout de même répondu présents sur le créneau du samedi 15h. Le toboggan ardennais allait ainsi prendre des allures d’autoroute un weekend de chassé-croisé. On pouvait heureusement espérer que la limite annoncée préalablement de 300 incidents avant disqualification allait tempérer quelque peu les plus indisciplinés. Las, un bug (?) a placé la course en « no limit » ouvrant par conséquent la voie aux comportements les plus dangereux et/ou antisportifs.

Ainsi, après un départ pour le moins mouvementé où nos équipages passeront au travers de nombreux « strike » durant les trois premiers tours, on ne comptera plus les abus de « tracks limits » et autres retardataires jugeant opportun de batailler avec des concurrents deux secondes plus rapides au tour.  Après des fortunes diverses, le résultat sera le même pour la Orange et la Rouge qui se verront embrochées par des équipes aux noms aussi évocateurs que « Licornes d’amour » ou « Petit poney » alors que la Cyan se verra trahie par son « Cheval cabré ». Licorne, poney, cheval… Coïncidence? Nous ne pensons pas et une enquête interne sera menée pour tenter de découvrir si l’un de nos pilotes a maltraité l’une de ces créatures durant son enfance.

La Orange

La BMW flanquée d’une livrée spéciale faisant la part belle à « Maison Fenestraz » alignait un solide quatuor avec Chris Dubreucq, Sacha Fenestraz, Kevin Guilleux et Michael Thomas. Le champion Pro-Am en titre de l’AOR GTE et le probable futur champion de la F3 japonaise ne pourront malheureusement même pas prendre le volant. En effet, après un superbe premier relais de Chris qui lui permettra de gagner 17 places, Michael sera la première victime VEC de cette course. Se présentant aux Combes lors de sa quatrième boucle, il buttera sur une « licorne » défendant plus que de raison et qui perdra ainsi le contrôle de son véhicule, envoyant par là-même la Z4 dans le rail. Choc fatal qui entraînera la perte du moteur après les réparations d’usage. A peine 1h30 de course, le rideau est baissé pour la Orange.

La Cyan

Le choix de la performance pour Aymeric Blomme, Philippe Gaillard, Jérémy Hoppé et Sebastien Reithmuller qui s’engagent au volant d’une Ferrari 488. L’italienne est connue pour sa puissance et c’est du 14ème rang que s’élancera Jérémy. Solide dans les premiers kilomètres, il se fera malheureusement embarquer au freinage du bus-stop dès la fin du deuxième tour. Légèrement impactée, la vitesse de pointe accuse quelques km/h de déficit et le nordiste doit céder quelques places. Mais le « Cavalino » reste fougueux et ne se laisse pas apprivoiser si facilement: à la fin du septième tour, l’arrière-train se dérobe dans Blanchimont pour une pirouette sans dommage. Le premier relais s’achève au 23ème rang grâce à une consommation moindre.

Les trois stints suivants s’enchaînent sans encombre majeur à un rythme soutenu et une consommation toujours aussi raisonnable permet à la Cyan de pointer en 8ème position au moment du quatrième ravitaillement. A ce moment intervient un stop&go malheureux, la faute à un pit-limiter capricieux. Aymeric se lance alors dans un double stint mais Blanchimont sera à nouveau le théâtre d’une embardée de la Ferrari à un tour de la fin du deuxième relais. Quatre minutes au box… Jérémy reprendra la piste au 31ème rang pour quelques tours seulement, le temps de constater que leur monture est trop endommagée pour espérer quoi que ce soit. 6h30 de course, c’en est fini pour la Cyan.

La Rouge

Fidèles à leur « Belle Mamie », Flavien Fouque, Gonzague Furtos et Alexandre Godefroy  étaient accompagnés pour l’occasion par Sylvain Moraine et Romain Virlouvet. La Z4 aux couleurs de « Tiantastic » s’est prudemment élancée aux mains de Gonzague. Un premier coup de pare-choc avant même la ligne de départ de franchie; le ton est donné. Malgré de nombreuses contacts de la part de concurrents pour qui le sens de l’endurance reste assez vague, le premier relais se conclu avec seulement quelques secondes de réparation et xxxxx places gagnées.

La course était bien lancée et grâce à une BMW toujours aussi sûre, les relais pouvaient s’enchaîner en attaquant sans crainte de perte de contrôle. Malgré quelques débats quant à la stratégie à adopter et là aussi une pénalité à cause d’un pit-limiter farfelu, le quintet pointait à la xxxx place aux premières heures de la nuit. C’est sur les coups de xxxxx heures que la route d’Alex allait croiser celle d’un « Petit poney ». Là aussi aux Combes, ce dernier fera preuve d’un manque flagrant de réflexion (et de freins) après avoir voulu faire la course malgré deux secondes rendues chaque tour et un retard de 40 boucles. Verdict: 25 minutes de réparations.

Moment de flottement… Continuer? Jeter l’éponge? Les mécanos remettent la voiture dans un état proche du neuf, les chronos descendent. Le cœur n’y est plus mais l’équipage insiste, pour le fun. Deux doubles relais sont effectués dans la nuit par Gonzague puis Flavien afin d’accorder un peu de sommeil aux uns et autres. Une panne de réveil va précipiter ce dernier dans un triple relais qui le mènera à la rencontre du même « Petit poney » qu’Alex mais du côté de Blanchimont cette fois. Perte de contrôle pour le pilote ibère que Flavien ne pourra éviter.

Fraîchement sorti de sa sieste de deux heures (+3h), Alex tentera un baroud d’honneur mais cette fois la performance de la voiture est nettement impactée et le morale des troupes encore présentes est définitivement en berne. Le moteur lâche dans les stands pendant qu’est débattue l’idée d’un abandon, précipitant la décision. Il est 9h30, aux 3/4 de la course il n’y a plus de VEC dans ces 24h de Spa 2019, c’est un triple DNF.

  • Décevant, l’imbroglio de la part d’iRacing autour de la limite d’incidents qui aurait normalement dû museler certaines attitudes que l’on aimerai ne plus voir en course et surtout pas en endurance.
  • Navrant de voir que pour certains le respect de règles tacites ou tout simplement de ses concurrents est une notion étrange, voire étrangère.
  • Frustrant de ne pouvoir défendre nos chances car à l’évidence, avec des stratégies différentes, chacune de nos trois voitures avait le potentiel pour obtenir un résultat intéressant.

A.G