Une préparation « aux petits oignons »

Il est des fois où les planètes décident de ne pas s’aligner comme on le voudrait; il en va de même pour les agendas. Ainsi, alors que la VEC semblait se diriger vers un triple engagement pour ces premières 24h du Mans « by night » les 1er et 2 juin derniers, de multiples imprévus ont bien failli ramener notre présence à néant.

De naissance ou d’adoption, notre association domiciliée sur les terres de la plus grande course d’endurance automobile du monde compte pas moins de trois Sarthois dans ses rangs. C’eut donc été presque une anomalie de n’avoir aucune voiture « bleu et vert » au départ de cette édition historique.

Dès lors, une poignée de courageux a décidé de relever le défi de participer malgré tout, en équipage réduit pour certains, avec seulement quelques tours d’entraînement pour d’autres. Où cela pourrait-il bien les mener? Qu’importe, deux voitures allaient se présenter derrière le pace-car.

La Cyan

La palme du courage (Qui a dit folie?) revient sans aucun doute à Philippe Gaillard et Sebastien Reithmuller qui ont visiblement décidé de rendre hommage aux héros des premières décennies de cette épreuve en s’engageant en duo sur une voiture aussi complexe à appréhender qu’une LMP1 hybride, découverte tout juste 15 jours plus tôt. La légende raconte qu’ils ont changé eux-même les pneus durant leur course, mais les sources divergent…

En plus de s’imposer ce défi conséquent, nos deux compères se retrouvent propulsés dans le split 5 sur un total de 17. Le challenge prend des allures d’Everest et la Cyan s’offre malgré tout un superbe camp de base en signant le cinquième temps d’une liste de 18 LMP1. La sagesse s’impose malgré tout et le premier relais se conclu à la dixième place après avoir négocié les premiers dépassement de GTE avec prudence.

Grâce à l’homogénéité de leur association, nos duettistes remontent progressivement pour pointer de nouveau P5 après 5 h de course. L’écart se creuse sur les poursuivants et les leaders semblent déjà hors de portée. De quoi accueillir avec une relative sérénité les premiers signes de la nuit mancelle.

Hélas, après environ 7h de course, une incompréhension avec une LMP2 va envoyer Sebastien dans les rails de la fôret et malgré de longues minutes passées aux stands sa monture ne retrouvera pas sa vigueur originelle, ce qui forcera l’équipage Cyan à signer son premier abandon sur une endurance.

La Rouge

Un line-up inédit pour cet équipage constitué au dernier moment avec des pilotes qui ont vu de la lumière au fond des stands, tels que Chris Dubreucq ou Michael Thomas qui ont rejoint Gonzague Furtos et Stéphan Modde, plus habitués à arborer le rouge.

Au jeu des iRating la 911 RSR se retrouve dans le split 12 en compagnie de 54 autres GTE. Stephan, dont le départ n’est pas l’exercice favori, s’élance du 45ème rang et là encore, la prudence associée à l’audace en doublant d’entrée les relais, permet un gain de 14 position après deux heures de course. Entrent alors en action Thomas puis Chris qui se distingueront tout au long de la course par leur capacité à inscrire des triples relais. Ainsi, leur monture est déjà remontée au 15ème rang à l’approche du premier quart de course.

Tout semble donc se passer pour le mieux mais, c’est bien connu, Le Mans reste Le Mans et quelques mésaventures viendront donner quelques sueurs froides au quatuor, de « crevaison » en heuuuu………. « problème de réservoir ». Quelques minutes de perdues qui n’auront probablement guère d’impact sur le résultat final puisqu’au levé du jour le Flat 6 ronronne tranquillement au cœur du top 10.

Les relais s’enchaînent, les yeux piquent, mais sans erreur majeure et grâce à une stratégie ambitieuse, cet équipage Rouge destiné a regarder la course depuis les tribunes s’offre une nouvelle fois une incroyable ascension au classement avec 39 places gagnées pour terminer à une très belle sixième place, 69ème résultat sur 617 GTE engagées.

Bravo à l’ensemble des six pilotes présents pour leur persévérance et rendez-vous dorénavant au Mans, le vrai, dès la semaine prochaine avec, qui sait, peut-être un peu de pluie pour pimenter cette édition.

A.G

Stéphan Modde

Les choses ne se sont pas passées comme prévu pour ces 24h. Suite à plusieurs inconnues pour le week-end nous ne devions pas participer à la course mais il est tout de même décidé de monter un équipage à l’arrache le vendredi soir.

Je prend le départ, je suis prudent peut être un peu trop pour le premier relais car je reste englué dans le trafic. Nous sommes parti 45 et j’ai du mal à rentrer dans le top 40. Il s’ensuit une superbe remontée de Thomas et Orks qui affichent un gros gros rythme, environ 2s de mieux que moi au tour. Je reprend le volant vers 23h pour un double mais une urgence urinaire me permettra de ne faire qu’un relais.

Lorsque je reviens au petit matin nous sommes bien installés dans le top 10, je reprend le volant pour deux relais. La fin de course n’est pas simple, la fatigue se fait vraiment sentir, je dois finir la course alors qu’il reste encore 2h30 environ. Bien que redoutés, ces derniers relais sont super agréables, la température dépasse les 40° je crois mais la voiture est très bien et nous finissons à une belle 6ème place.

Je suis super content d’avoir fini cette course surprise. Nous avons tous super bien roulé et la voiture était super dans toutes les circonstances. Un grand bravo à mes coéquipiers.

Sebastien Reithmuller

Nous voulions faire une endurance avec une P1 depuis quelques temps et en regardant le calendrier c’est simple, c’est la course à ne pas manquer.

Philippe fait une très bonne qualification sous les 3.17′. Notre stratégie est simple, on double les relais le plus longtemps possible. Au bout de quelques tours on se retrouve P12 suite à notre départ prudent. On remarque que nous sommes les moins hauts en irating. La majorité sont au-delà des 3500 voir plus et les 5 premiers tournent 2 sec plus vite.

J’assure mes premiers tours et nous arrivons désormais à avoir du trafic sur chaque tour; fini les premiers tours tranquilles… Nous avons le même rythme avec Philippe et les tours s’enchaînent sans trop de problèmes, nous sommes P5 au bout de 5 h. Philippe part pour son 3ème relais avec un superbe couché de soleil et des reflets violets sur tout le circuit. Magnifique, surtout dans les S Porsche.

La nuit tombe, les éclairages s’allument et c’est le moment des pits. Je prends le relais, je fais très attention, il fait de plus en plus sombre. J’assure mes 2 premiers tours et j’attaque le troisième dans la même idée. Mais un Italien ou une Italienne (Andréa) sur une HPD ne me voit pas à la sortie de la deuxième chicane des Hunaudières et nous envoie contre le rail à 22h45. 37 min de repair… Je suis dégoûté car je pense ne pas avoir fait de faute.

Nous essayons de repartir mais volant de travers on se dit que ça va être chaud mais la vitesse en ligne droite nous enlève notre rêve de finir cette course. On perd 20km/h et on ne passe plus la 7ème. On essaie de piter pour voir s’il reste des réparations, on change de pilote, on repite mais rien . Nous devons abandonner notre première endurance chez les CYAN.

En tout cas, un plaisir énorme de conduire avec ce trafic et tous les à-coté de cette P1 comme la gestion de la batterie pour essayer d’être constant sur plusieurs tours. Le Mans 2020, nous serons là en P1 étant la seule endurance ouverte à cette catégorie.

Chris Dubreucq

Gros pari pour la Rouge qui ne devait pas rouler suite à un imprévu mais comme on a de l’ambition et de la motivation, avec Docre, Thomas et Gonzague on s’attaque à ces premières 24h du Mans iRacing en cycle Jour/Nuit.

Étant absent pour les 3 premières heures je récupère la voiture après le double relais de Thomas. Les 4 tours de training effectués quelques minutes plus tôt me donnent tout de suite mon rythme. J’attaque par un triple relais directement pour optimiser les relais et gagner du temps. La voiture a subi un choc au niveau de l’aileron mais cela n’affecte apparemment pas les performances de la voiture. En effet, je rend la voiture avec un top 15.

S’en suit un relais (qui aurait du être doublé) de Docre mais la vessie aura raison de notre pilote parisien. Donc Gonzague reprend et double les pneus de Docre puis pour son 2e relais repasse un train de gomme neuve. Je suis derrière Gonzague qui a subi 2 relais que l’on pourra décrire de « merdiques » puisque les retardataires ne facilitent pas le passage et certains conduisent n’importe comment, donc je décide tripler les pneus. Ca passe nickel, avec quelques slow-down mais….ça passe nickel. Je réaliserais d’ailleurs mon meilleur tour en 3.48.1xx lors de ce triple relais.

Ensuite j’avais prévu de refaire un triple mais lors du stint suivant je suis victime d’une déconnexion qui me fera perdre 1min40 (ça aurait pu être pire). Au final, je ne fais qu’un double et à 3h50 du matin, complètement mort, je passe le relais à Thomas. J’essaie de rester réveillé pour lui tenir compagnie mais c’est très dur, je chute par moment et au final je me réveille un peu avant 7h quand Docre reprend le volant. Malheureusement je ne me rendors pas puisque je dois rejoindre Tiffo et Kéké sur le Circuit des 24h pour la journée test.

Ça restera en tout cas un pied énorme lors de ces 7 relais. A refaire!!!